dimanche 14 avril 2019

Trévarez à la belle époque

Trévarez à la belle époque (témoignages Lili Le Goff)

Par la fenêtre de la maison parentale qui l’a vu naître, un panorama merveilleux s’offre à Lili : la montagne boisée à laquelle parfois s’accrochent les nuages du matin, avec en point focal le château rouge de Trévarez, résidence prestigieuse et  d’une éblouissante modernité que le Baron James Monjaret de Kerjégu, président du Conseil Général et député du Finistère, a fait construire à la fin du XIXème siècle. Quatorze années d’une construction alliant le fer, le verre, le ciment, la pierre et l’ardoise du Rick.

L’aristocrate, qui rêvait même de la présidence de la République, se faisait une joie et un honneur d’y accueillir ses relations mondaines parisiennes. C’était la vraie vie de château : festins, chasses à courre, le luxe et le confort et bien d’autres nobles activités. Hélas, Monsieur le Baron mourra peu de temps après l’achèvement du manoir luxueux. C’est le marquis et la Marquise de La Ferronays qui hériteront de la propriété. Ils sauront, eux aussi, s’entourer d’une cour huppée.

 Lili, tout jeune, est déjà allergique à  cette bourgeoisie, lui qui est issu d’un milieu très modeste, mais lorsqu’il parle de Trévarez, on sent monter en lui une pointe de fierté. En effet, son grand-père maternel s’est occupé des chevaux de Monsieur le Marquis à Trévarez jusqu’à la fin de la guerre. Le palefrenier dormait au-dessus des animaux dans les écuries. La mère de lili allait lui faire sa chambre une fois par semaine.
Les écuries
 Monsieur le Baron avait de la considération pour ses domestiques. Très humain, il leur faisait profiter des équipements et des commodités de son château, tout comme le marquis et la marquise de La Ferronays qui lui ont succédé.

Lili accompagne souvent sa mère au domaine. Il profite de cette aubaine pour s’ébattre dans le parc. Il gambade entre les massifs fleuris qui font déjà le charme du domaine. Le jardin japonais, du côté des serres, lui plaît beaucoup. Il joue à l’équilibriste en marchant sur les bordures du bassin de la chasse dans lequel se reflètent le château, le sanglier solitaire et l’image ondulante de notre petit châtelain Lili.
Le bassin de la chasse avec son sanglier solitaire
 Il explore les coins et les recoins de la propriété, volette comme un papillon. L’accès au château lui était hélas interdit. Mais, quel privilège que celui d’explorer ces lieux magiques qui semblent tirés d’un conte de fée, d'y voir évoluer cette Noblesse. Sur les bords de l’étang, du côté de la chapelle Saint-Hubert, notre galopin déniche les canards et les canes pour chiper leurs œufs.
La chapelle Saint Hubert
 Il ouvre même les portes d’un clapier pour lâcher les lapins qui prennent la clé des champs sans demander leur reste !
     Les Boutillons envient Lili car eux n'ont pas leurs entrées au domaine... 

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