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samedi 29 juin 2019

Corentine

Corentine

     Je dévore actuellement le roman de Roselyne Bachelot "Corentine             Récit très intéressant, très bien raconté, très émouvant, et je lis avec compassion la vie de Corentine, son enfance misérable dans la maisonnée familiale de Kerzaludes, son exil pour Paris en qualité de bonne où la petite Bretonne sera exploitée, sa vie sentimentale, rapidement anéantie par la guerre, son retour dans la capitale des Montagnes Noires en compagnie de Juliette, sa fille pour tenir un magasin de vêtements.     L'ouvrage comporte de nombreuses références sur Roudouallec et sur Gourin. 

     Corentine est la grand-mère de Roselyne Bachelot. 


Roselyne Bachelot dédicacera son ouvrage cet après midi à Gourin, entre 15 h et 19 h, à la médiathèque, puis à l'espace librairie du Leclerc. 

samedi 15 juin 2019

Daniel Le Floc'h

Daniel Le Floc'h

     Daniel est le cadet d'une famille de 13 enfants. (Seuls Anne-Marie et Daniel sont encore en vie). Il est né au village du Trépas en 1951, où ses parents exploitaient une petite ferme. Leur penty, aujourd'hui démoli était situé à l'entrée du chemin "Poul Caramel" à côté de l'ancienne école Saint-Michel remplacée par l'actuel domicile partagé de Kérisole. Je vois encore le tas de mâchefer où nous nous retrouvions à l'inter classe de midi; Daniel fréquentait l'école publique et moi l'école privée.



     Il n'y a pas de travail dans la région. Daniel quitte Roudouallec à l'âge de 18 ans pour la capitale d'abord, Auxerre ensuite.
      Il fait toute sa carrière à l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris en qualité d'aide-soignant.
     Actuellement à la retraite, notre ancien concitoyen a posé ses valises à Motreff où, tranquillement, il retape sa maison.

Un très grand sportif

     Trait moins connu de Daniel, sa passion pour la course à pied. Il travaillait de nuit pour pouvoir s'entraîner dans la journée.
     Il a participé à 100 marathons (42,195 km), soit 3 par ans, dont celui de New-York en 1993 qu'il a terminé en 3h 38' 42" sous une chaleur dantesque! En matière de marathon, son record est 2 h 50'.
     A son actif également, les 100 km sur route de Cléder (championnat du monde). Temps: 8h 50'.
     Et la fameuse "Diagonale des fous" à l'Ile de la Réunion où il a gambadé durant 3 jours et 3 nuits sans manger, ni dormir, ni boire!
Performance: 60 heures.
     Grâce à la pratique du sport et à sa bonne condition physique, Daniel a surmonté les aléas qui jalonnent la vie. 
    Nous lui souhaitons une agréable retraite dans sa Bretagne natale où il a de nombreux amis. 
(Merci à Yvon Fichen de m'avoir mis en relation avec Daniel) 
    

mardi 14 mai 2019

Amitiés interdites

 LES BOUTILLONS 

 Amitiés interdites


Les adultes interdisent aux enfants d’adresser la parole à l’occupant. Chacun gardait ses distances et restait sur ses gardes, pas question de sympathiser. Les relations sont tendues. Tout geste d’amitié avec l’ennemi serait interprété comme une trahison, surtout par les résistants du maquis.

Sous les carapaces hermétiques, blindées, autoritaires et  hostiles des soldats allemands battent de toute évidence des cœurs avec leur sensibilité et leurs émotions . Ainsi, au pardon de Saint-Goazec, un groupe d’Allemands offre des tours de casse-gueules aux Boutillon. La force centrifuge des sièges volants du manège de Monsieur Auguste de Saint-Hernin rend Lili malade au point de vomir ses tripes. Il est comme saoul et ne tient plus sur ses jambes.

Lili pense que ces Allemands voient dans les Boutillon l’image de leurs propres enfants, l’amour paternel se lit dans leur regard. Les Boutillon les remercient respectueusement et se jurent de ne jamais parler de cette aventure à la maison. Juré, promis, craché !

Le pardon c’est la fête au village. De nombreuses attractions s’installent tous les ans pour l’occasion sur la place centrale : casse-gueules, chenilles, autos- tamponneuses, tir à la carabine. On peut s’acheter des friandises, de la limonade, et, dans un autre registre, des pétards à mèche, des pistolets à bouchons, des yoyos… Pour bien s’amuser et profiter pleinement de la fête, il faut des sous ! L’argent est le nerf de la guerre.

Les Boutillon gagnent leur argent de poche en effectuant de menus travaux des champs. Ainsi, au printemps, à l’appel de la trompette du secrétaire de mairie, ils se rendent dans les fermes pour la cueillette des petits pois. Il faut se lever de bonne heure afin d’arriver les premiers sur le chantier pour choisir les rangs les plus productifs. Comme toute peine mérite salaire, nos Boutillon réapprovisionnent leur tirelire.









lundi 6 mai 2019

Les boutillons. Une colère


Les boutillons. Une colère

(Témoignages Lili Le Goff. Mise en forme Y. Le Moal)
 
Il ne faut pas lui marcher sur les pieds à notre Lili. Il lui arrive de voir rouge. Comme ce jour d’école où les grands ont essayé de lui voler le magnifique bateau qu’il a sculpté dans un morceau de bois des heures durant, avec l’application et la minutie qui le caractérisent.
 
 

Excédé par le harcèlement des élèves de la classe du certificat d’études, Lili finit par piquer une crise d’une telle violence que même les instituteurs n’osent pas intervenir. A la fin de la classe, Lili ne s’est toujours pas calmé. Il bave de colère. Comme les grands dadais continuent de le narguer à la sortie de l’école, Lili tourne sur lui-même, tel une toupie, en tenant son canif ouvert à bout de bras. Sur la route du lavoir, enivré par la vitesse de ses tourbillons, il  perd soudain l’équilibre et s’affale de tout son long sur la chaussée en se débattant, en  criant et en pleurant toutes les larmes de son corps.

Cinq minutes plus tard, quand il se relève péniblement alourdi par le poids de l’injustice, il est seul. Il respire fort pour achever de se calmer avant de regagner dignement son domicile. Depuis cet incident, les grands le laissent tranquille et lui demandent de faire la paix. Il ne faut pas le chercher, Lili !

mercredi 1 mai 2019

Les Boutillons. Le champ de tirs

  
Le terrain d'entraînement des Allemands
Témoignages Lili Le Goff. Mise en forme Yves Le Moal
Les enfants inconscients retournent souvent à Trévarez. Ils pénètrent dans le parc par la même brèche crée dans la clôture grillagée par leurs fréquents passages. L’un d’entre eux fait toujours le guet dans le dernier virage pendant que le reste de la troupe se faufile dans le domaine interdit, au nez et à la barbe des Allemands qui circulent fréquemment sur cette route.

Un jour, Lili entend même siffler les balles ennemies au-dessus de sa tête alors qu’il chasse les grillons en compagnie de son copain brestois François Riou dans un pré situé entre le terrain d’entraînement et le champ de tir des Allemands.
 Les enfants occupés à capturer des insectes, excellents appâts pour la pêche, entendent soudain des voix gutturales prononcer des mots inconnus, puis des coups de feu ! Apeurés, ils prennent la poudre d’escampette en direction des carrières du Rick, propriété de Kerjégu, donc maintenant du marquis. Dans sa course folle vers la maison, Lili perd un sabot. Il se fait sonner les cloches au retour par la maman. Il avoue avoir connu, ce jour-là, la trouille de sa vie.
 Il a gardé un souvenir précis des lieux : de chaque côté de l’entrée principale étroite et  propice aux glissades en sabots de bois cloutés l’hiver, zigzaguent deux tranchées longues de cinquante mètres. Elles mènent à une casmate. Plus loin, se succèdent différents obstacles : des rondins assemblés en buts de différentes hauteurs, des barbelés, un tunnel pour ramper, un mur d’escalade en rondins de bois d’environ trois mètres de hauteur. Le pré d’à côté, celui des grillons, est en herbe.  Le troisième champ, quant à lui, est réservé au tir. La cible est dangereusement située de l’autre côté de la route. Un peu plus haut, sur ce chemin, une guérite abrite souvent une sentinelle.

lundi 22 avril 2019

L'occupation.Témoignages Lili Le Goff

L'occupation.Témoignages Lili Le Goff


     Lili avoue avoir pris des risques inconsidérés pendant ces années d’occupation allemande, au sein de sa bande organisée, les « Boutillon ».

    Il se souvient du butin qu'ils ont subtilisé, sur le pont du Roy, à bord des carcasses calcinées de deux chars américains sabotés par le mitraillage des ennemis postés sur un promontoire à l’entrée de Châteauneuf-du-Faou. N’en faisant qu’à leur tête, les soldats alliés n’ont pas respecté la mise en garde des maquisards. Ils sont tombés naïvement dans l’embuscade tendue par les Boches.
 Quand Le père Francis voit les Boutillon revenir, brandissant leurs trophées (une chaîne de mitrailleuse garnie de balles, un révolver, un poignard et une boîte à pharmacie métallique) avec des cris de victoire, il se prend la tête entre les mains pour hurler sa colère. Armé d’une bêche, il creuse immédiatement un trou dans le jardin pour y enterrer tous ces objets compromettants . Il leur fait promettre de ne jamais en parler à personne pour éviter toutes représailles. Les Boutillon déterreront leur trésor bien des fois pour jouer à la guerre. C’est plus fort qu’eux. Comme c’est excitant de braver l’interdit.

Il se souvient aussi qu’en revenant de l’école, ils ont eu peur d’un Allemand qui leur a crié « Raous ! » pour leur faire changer de trottoir.

dimanche 14 avril 2019

Trévarez à la belle époque

Trévarez à la belle époque (témoignages Lili Le Goff)

Par la fenêtre de la maison parentale qui l’a vu naître, un panorama merveilleux s’offre à Lili : la montagne boisée à laquelle parfois s’accrochent les nuages du matin, avec en point focal le château rouge de Trévarez, résidence prestigieuse et  d’une éblouissante modernité que le Baron James Monjaret de Kerjégu, président du Conseil Général et député du Finistère, a fait construire à la fin du XIXème siècle. Quatorze années d’une construction alliant le fer, le verre, le ciment, la pierre et l’ardoise du Rick.

L’aristocrate, qui rêvait même de la présidence de la République, se faisait une joie et un honneur d’y accueillir ses relations mondaines parisiennes. C’était la vraie vie de château : festins, chasses à courre, le luxe et le confort et bien d’autres nobles activités. Hélas, Monsieur le Baron mourra peu de temps après l’achèvement du manoir luxueux. C’est le marquis et la Marquise de La Ferronays qui hériteront de la propriété. Ils sauront, eux aussi, s’entourer d’une cour huppée.

 Lili, tout jeune, est déjà allergique à  cette bourgeoisie, lui qui est issu d’un milieu très modeste, mais lorsqu’il parle de Trévarez, on sent monter en lui une pointe de fierté. En effet, son grand-père maternel s’est occupé des chevaux de Monsieur le Marquis à Trévarez jusqu’à la fin de la guerre. Le palefrenier dormait au-dessus des animaux dans les écuries. La mère de lili allait lui faire sa chambre une fois par semaine.
Les écuries
 Monsieur le Baron avait de la considération pour ses domestiques. Très humain, il leur faisait profiter des équipements et des commodités de son château, tout comme le marquis et la marquise de La Ferronays qui lui ont succédé.

Lili accompagne souvent sa mère au domaine. Il profite de cette aubaine pour s’ébattre dans le parc. Il gambade entre les massifs fleuris qui font déjà le charme du domaine. Le jardin japonais, du côté des serres, lui plaît beaucoup. Il joue à l’équilibriste en marchant sur les bordures du bassin de la chasse dans lequel se reflètent le château, le sanglier solitaire et l’image ondulante de notre petit châtelain Lili.
Le bassin de la chasse avec son sanglier solitaire
 Il explore les coins et les recoins de la propriété, volette comme un papillon. L’accès au château lui était hélas interdit. Mais, quel privilège que celui d’explorer ces lieux magiques qui semblent tirés d’un conte de fée, d'y voir évoluer cette Noblesse. Sur les bords de l’étang, du côté de la chapelle Saint-Hubert, notre galopin déniche les canards et les canes pour chiper leurs œufs.
La chapelle Saint Hubert
 Il ouvre même les portes d’un clapier pour lâcher les lapins qui prennent la clé des champs sans demander leur reste !
     Les Boutillons envient Lili car eux n'ont pas leurs entrées au domaine... 

lundi 8 avril 2019

Les aventures des Boutillons (suite)

Visite du château rouge après le bombardement


Une semaine plus tard, les six aventuriers récidivent. Les "Boutillons", c'est le nom de leur bande, se glissent sous la clôture pour entrer dans le domaine au niveau du pavillon de la chasse, longent l’étang et sa chapelle et grimpent vers le château bombardé. De parterre en parterre, d’un bosquet à l’autre, ils s’approchent silencieusement de l’édifice et constatent avec stupeur que le toit et l’aile ouest sont gravement endommagés. Le château rose est devenu inhabitable. Après avoir vérifié qu’aucun danger ne les menace, ils y pénètrent par le sous-sol obscur après avoir fracturé un cadenas. Leurs yeux s’habituent à la pénombre et maintenant, ils distinguent une chaufferie de taille impressionnante Sans perdre de temps, ils montent en cuisine et remarquent que dans la salle à manger, la table est mise comme si de rien n’était. Les anciens locataires s’apprêtaient probablement à partager un copieux déjeuner mais le bombardement les aura perturbés, c’est le moins qu’on puisse dire. A l’étage, un superbe billard trône au milieu d’un vaste salon. Les occupants devaient mener la belle vie dans le château, une vraie vie de château. La propriété de James de Kerjégu est en effet dotée des dernières technologies : ascenseur dans l’aile Est, chauffage central, eau chaude à tous les étages, toilettes, téléphone, monte-plats, électricité. Le bâtiment se dresse dans un magnifique décor botanique. La vue sur les méandres de l’Aulne en direction de Châteauneuf du Faou est splendide. A l’horizon, se dressent les Monts d’Arrée.

jeudi 4 avril 2019

LE BOMBARDEMENT DU CHATEAU DE TREVAREZ

LE BOMBARDEMENT DU CHATEAU DE TREVAREZ

(Suite et fin)


Les avions alliés mitraillent sans ménagement leur cible. Lili apprendra plus tard que ces éclaireurs avaient pour objectif de neutraliser la DCA allemande campée sur le toit du château afin de sécuriser les parachutages à venir… Ils effectuent plusieurs passages pour s’assurer du travail bien accompli.
 


 


Lili et son frère sont maintenant revenus sur la terrasse. De là, le spectacle est impressionnant : des gerbes de feu tombent du ciel rougeoyant.

Soudain, dans un boucan à vous exploser les tympans, un escadron de bombardiers coupe le ciel au-dessus de leurs têtes.

Les vitres des maisons vibrent, les assiettes s’entrechoquent dans les vaisseliers, la vie se fige dans les chaumières. La population inquiète qui se préparait pour la messe basse du pardon reste bien terrée chez elle. Quelques paysans, affairés aux travaux des champs, faisant fi du sermon du curé qui interdit formellement le travail dominical sous peine de se retrouver dans les flammes de l’enfer, courent dans tous les sens en quête d’un abri de fortune.

Les bombardiers de la Royal Air Force larguent chacun deux bombes sur le château qui abrite habituellement des gradés allemands et des sous-mariniers de la Kriegsmarine venus s’y reposer depuis juillet 1940. Des soldats de la marine impériale japonaise, arborant de magnifiques uniformes, y séjournent aussi par intermittence. Dans un premier temps, Lili pense que les avions lâchent des colis ! Drôles de colis ! Des bombes, de véritables bombes !
 
 

Les projectiles atteignent leur cible. Au milieu de faisceaux d’étincelles, entre les nuages de fumée, Lili et les siens distinguent avec des jumelles le sauve-qui-peut des occupants de la forteresse qui se laissent glisser de l’étage le long de cordes de fortune confectionnées avec des draps noués les uns aux autres.

Les bombardiers effectuent plusieurs rotations au-dessus du bourg de Saint-Goazec pour mieux revenir pilonner leur objectif sous un meilleur angle. Un véritable feu d’artifice !

— Hou là là, s’écrie Francis le frère aîné, ça a dû faire mal !
 
 

En fin d’après-midi, poussés par la curiosité, les six enfants courent prudemment vers le château. En chemin, ils se jettent dans un fossé pour laisser passer un convoi de camions allemands en provenance du château. Peu rassurés, les « Boutillon » rebroussent chemin et rentrent chez eux, chassés par les maquisards planqués dans la végétation autour du théâtre des opérations.

(Témoignages Lili Le Goff. Textes Yves Le Moal)

mercredi 3 avril 2019

Le bombardement de Trévarez


Le bombardement de Trévarez

Texte publié le mercredi 3 avril 2019
    (D'après le témoignage de Lili Le Goff de Saint-Goazec. Il avait 9 ans. )
Nous sommes le dimanche 30 juillet 1944, jour du pardon annuel du Moustoir. Aussi radieux que le soleil est généreux, Lili  a revêtu pour la circonstance, ses beaux habits de sortie. Comme le veut la tradition, il se rend à vélo à la petite chapelle du Moustoir en compagnie de sa maman, son frère et sa sœur,  pour assister à la messe qui sera célébrée à dix heures trente par le recteur de la paroisse. Francis, le père, ne fait pas partie de l’expédition : il est allergique aux curés.
Lili arbore fièrement son costume du dimanche. Oh ! il ne la porte pas souvent cette tenue qui associe un veston et une culotte courte. Ses chaussures noires et vernies semblent mal assorties au complet gris. Arpentant la terrasse, il attend impatiemment le reste de la famille qui finit de se préparer.
Lili sait que les Allemands sont là, à Saint-Goazec, qu’ils font la pluie et le beau temps.
Le temps est calme à cette heure matinale. La rosée nocturne perle encore sur les hautes herbes auxquelles s’accrochent des toiles d’araignées. Les hirondelles déjà très actives fendent le ciel bleu. Elles  volent haut dans l’azur : Lili sait que le beau temps est en train de s’installer durablement.
Soudain, l’enfant perçoit comme un grondement sourd qui vient troubler le silence de cette paisible matinée estivale, une sorte de vrombissement qui  s’amplifie et semble provenir du côté de Châteauneuf du Faou. Le tonnerre ? Non, le vacarme devient assourdissant. Lili court se poster imprudemment au beau  milieu de la chaussée. Toute la maisonnée est maintenant sur la terrasse.

A peine Lili a-t-il le temps de lever les yeux qu’un escadron d’avions chasseurs fend l’air au-dessus de sa tête. Les quatre engins volent à si basse altitude qu’on peut distinguer leurs occupants. Des pilotes le saluent même au passage d’un signe de la main.

Du haut de ses dix ans, l’enfant a bien reconnu les «Spitfires » anglais.  Les avions de reconnaissance se dirigent tout droit vers le Château de Trévarez dont la silhouette rose se découpe dans l’horizon boisé, au milieu de son vaste domaine tel un bijou dans son écrin. (à suivre)