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mardi 16 juillet 2019

Clair de lune sur le champ de petits pois

Clair de lune sur le champ de petits pois

      En 1969, les récolteuses de petits pois  (batteuses automotrices)n'existaient pas encore mais l'époque de la cueillette manuelle était  déjà révolue.
     Cette année-là, la parcelle de petits pois se trouvait au village de Domfos. La récolte s'annonçait bonne, les gousses étaient nombreuses et bien pleines.


     Le secret de la réussite résidait dans le degré de maturité des grains: trop tendres, ceux-ci s'écraseraient dans l'écosseuse, trop durs et ridés, ils seraient refusés par la conserverie.
     Le courtier venait régulièrement visiter la parcelle. Notre père était très exigeant, il voulait obtenir le meilleur rendement, donc le meilleur créneau pour le battage.
     Finalement, rendez-vous fut pris à l'écosseuse pour le lundi 21 juillet à 6h30.
     La veille, dimanche 20 juillet, en début d'après-midi,  munis de crocs à cinq doigts, nous avons arraché toute la parcelle. Lorsque les plants étaient couchés, il fallait faire bon usage de son outil en tirant perpendiculairement à l'implantation des racines.
     Nous les avons laissé faner pendant trois heures et, en fin d'après-midi, nous les avons rassemblés en endains avant d'en faire de petits tas.
     Pas question de les charger tout de suite, la récolte risquerait de chauffer et de fermenter. Cette opération se ferait donc au dernier moment, au bout de la nuit, au clair de lune.




(A SUIVRE)

    

    
    
    

lundi 1 juillet 2019

L'Ecole

L'Ecole


     C'est dans cette école communale, aujourd'hui "Le Gué des Saules",  que j'ai effectué l'essentiel de ma carrière, soit 29 années.



     J'ai, comme tout instituteur, donné le meilleur de moi-même pour que les élèves réussissent dans la vie.
     En regardant dans le rétro, je mesure encore plus aujourd'hui qu'enseigner dans sa commune natale, sa commune de résidence, tout en exerçant la fonction de maire, n'est pas chose facile.

L'amalgame.
     Les gens font l'amalgame. Pas tous! Loin de là! Mais d'aucuns savent jouer avec les leviers pour faire du chantage. Pas contents du Maire? et toc, on se venge sur le Directeur d'école! On change d'école. 
Pas évident de porter plusieurs casquettes!
     Si c'était à refaire, je crois que j'enseignerais dans une autre commune. Ainsi, une fois la journée finie, l'instituteur peut prendre de la distance avec son travail. Mais, c'est vrai que j'aime beaucoup mon école de Roudouallec.



     Les élèves, les kermesses, les sorties… De très bons souvenirs.
Que de parties de foot avec les élèves pendant les récrés! Les batailles de boules de neige... Les beaux textes étudiés ensemble. Et, vous vous en souvenez ? Jamais de devoirs le week-end, jamais de devoirs pendant les vacances. 

Coup de gueule


     Cette nostalgie est aujourd'hui, teintée d'une profonde amertume. Je dois l'avouer. Quand on me demande:" Qu'est-ce que tu penses de ce qui se passe au niveau de l'école?" Je réponds que cet "abandon" de l'école publique par ses anciens élèves me donne le cœur gros. 

        Un travail de sape a été mené par certains pour couler l'école publique, en orientant par exemple les nouveaux parents dans leur choix. L'effet boule de neige a fait le reste. Mais, Rassurez-vous le navire tient bien son cap. 
        
        
    Mes amis, l'effectif remonte! Après la visite du Sous-Préfet, la nouvelle municipalité aura sûrement à cœur de soutenir celle que je continuerai d'appeler "Mon école". 
     
     Voilà, Basta, il fallait que je le sorte ce "coup de gueule" que je bâillonnais sous mon mouchoir depuis des années . C'est fait. 
      Et puis, je suis au-dessus de tout çà. Un ancien élève restera toujours mon ancien élève et gardera mon amitié. Je ne suis pas rancunier. 
     Le chapitre est clos. 
     




jeudi 27 juin 2019

Encore des photos


Ecole Publique de Roudouallec. 1969


Ecole Publique. 1973


Ecole Publique Roudouallec. 1974

(je vous prie de m'excuser pour le cadrage des photos. Il s'agit de copies d'écran)


Pour ne pas lasser ceux qui ne sont pas d'ici, je vous présente mon astilbe. Elle s'epanouit au bord du bassin à côté de l'hémérocalle, le lys d'un jour.


Elle existe aussi en rouge et en rose. C'est une plante vivace, caduque, qui pousse sur un rhizome. 


Et, pour finir, chers amis, voici un document sur le lys d'un jour, l'hémérocalle. 


La fleur ne dure que l'espace de la journée mais la floraison est plus longue que pour un lys commun. 









mercredi 26 juin 2019

coup d'oeil dans le rétro.

Quelques groupes



Classe 1 (1961) photo Isabelle Hélias



Classe 4 en 1984




Déplacement au Roudourou. Guingamp



Ecole publique 1979. Sortie cinéma


lundi 24 juin 2019

La Saint Jean

La Saint Jean

Je me souviens que, lorsque j'étais gamin, j'accompagnais mon père au feu de la Saint-Jean.
     La fourche sur l'épaule, il transportait un grand fagot de bois destiné à alimenter le bûcher qui illuminerait la nuit la plus longue de l'année.
     Moi, je portais avec précaution la bouteille de vin étoilée car c'était la fête du solstice d'été et un tel événement ça s'arrose.
      Fête d'origine païenne dédiée au Soleil, christianisée par la suite. 
     Lorsque nous sommes arrivés dans le pré de Jean Tanguy,  figure locale et grand spécialiste du miel et du chouchen, le feu crépitait déjà et des gerbes d'étincelles montaient dans l'obscurité en tourbillonnant. 






     Une trentaine de personnes formaient un cercle autour du bûcher. De temps en temps, Jean jetait un fagot dans le brasier qui redoublait d'intensité jusqu'à venir lécher le feuillage des arbres. A chaque fois, la foule applaudissait. Quelques chauves-souris fendaient le noir dans les volutes de fumée . Les enfants avaient peur qu'elles s'accrochent à leurs cheveux. 

     Le vin coulait dans les verres, le pchitt orange régalait les enfants. 
     Les langues se déliaient, les cris et les rires s'amplifiaient, le vin aidant, et réveillaient chiens et basses-cours alentours. 
     Soudain, un accordéon sorti de nulle part, entraîna tout le monde dans une farandole, une gavotte ou encore danse infernale de korrigans. 


     Les nombreux couacs du musicien auraient fait souffrir bien des oreilles de mélomanes. Cependant, de temps en temps, des averses de notes rappelaient un air connu. 
    Aucune importance, ce qui comptait c'était l'ambiance et de ce côté-là c'était gagné. 
     Aux premières lueurs du jour, une fois les braises soigneusement rassemblées, chacun a regagné son domicile, non sans avoir goûté au chouchen de Jean.
      Attention les amis, c'était un hydromel qui vous faisait marcher à reculons à cause du venin des abeilles. Jean s'en servait malicieusement pour endormir la maréchaussée qui se postait souvent à l'entrée de son chemin pour verbaliser les excès de vitesse ou autres défauts de conduite. Je crois que les gendarmes, eux aussi, avaient un faible pour cette potion magique ! 

     Il n'y a pas si longtemps, un groupe d'amis allumaient chaque année un feu de la saint Jean au lieudit Karn-ArSter à la sortie de Roudouallec, sur la route de Saint-Goazec. Hélas, les traditions se perdent.

Le Lucane ou cerf-volant

          Je voudrais, pour être complet, vous parler d'un insecte (coléoptère) en voie de disparition, que l'on peut rencontrer dans son jardin ou entendre voler bruyamment  au crépuscule au moment de la Saint Jean. C'est le cerf-volant ou lucane.


Ici, dans notre jardin, il y a deux ans.



     

dimanche 23 juin 2019

Les moineaux de Roudouallec

Les moineaux de Roudouallec



Les moineaux

     Je ne vous parlerai pas ici des piafs. Moins nombreux aujourd'hui, ces passereaux édifiaient leurs nids de foin et de plumes sous la charpente des hangars ou dans les trous des vieux murs.  Nous les capturions en plaçant des graines sous un panier maintenu incliné par un bâton auquel était attachée une longue ficelle. Planqués derrière la haie, nous attendions que les passereaux viennent picorer. Et hop! un coup sec sur la ficelle et voilà les piafs capturés. Nous les relâchions bien sûr. Ce n'était qu'un jeu.
 


     Non, les moineaux dont il sera question sont de jeunes sportifs du Cours Moyen de l'Ecole publique de Roudouallec.

     Sous l’égide de L’USEP (Union Sportive de l’enseignement du Premier degré), les écoliers pratiquaient le sport collectif dans le groupe des Montagnes Noires. Ils rencontraient leurs homologues des écoles publiques du Finistère tout proche. (Leuhan, Laz, Trégourez, Plonévez, Saint-Thois). Oui, à l'époque, on s'affranchissait de la frontière départementale et Roudouallec avait des affinités avec le Finistère.

      Les matchs, football pour les gars, ballon-prisonniers pour les filles, se déroulaient le jeudi après midi. Ainsi, nous nous déplacions une semaine sur deux dans le petit car de Maria qui était toujours accompagnée de son petit chien blanc, assis à côté du levier de vitesse. 
 

     À l’approche des grandes vacances, Lee élèves du groupe des Montagnes Noires se retrouvaient également pour des randonnées, pour des courses au trésor au domaine de Trévarez,  des animations sur le thème de la forêt ou encore l'observation de la faune sauvage en compagnie du spécialiste Xavier Grémillet.

     Puis, au fil des années, l’effectif de l’école s’est amoindri et il a fallu abandonner nos amis finistériens et les moineaux se sont envolés.

     C’est à partir de ce moment que nous avons choisi la piscine comme activité sportive hebdomadaire.

     Nous rendions tous les samedis matin à la piscine de Scaër. Une façon agréable de terminer la semaine. Un sport sain, complet, praticable toute l'année. Savoir nager est indispensable, procure du plaisir et peut sauver des vies.

     Mais, revenons à nos sorties du jeudi après midi. Elles se déroulaient toujours dans la bonne humeur; les collègues finistériens étaient très sympas. 
 
     Je me souviens d'un déplacement épique à Saint-Thois. Il faisait un temps exécrablement froid et humide, un temps à ne pas mettre un crampon dehors.
     L'instituteur lanig Sauze, qui avait déjà de la bouteille, nous proposa de changer d'activités. C'est ainsi qu'au lieu de se cailler les miches sur le terrain, nous avions visité sa fosse à vipères (elles hibernaient) avant de déguster un Orangina dans la vaste salle de danse de sa belle-mère, la Reine de Saint-Thois. Les élèves avaient admiré et écouté jouer des pianos mécaniques.

 
 
     Une autre fois, à Laz, il faisait très chaud cet après-midi-là. Les élèves étaient tout transpirants après leur match. 
     Comme le car tardait à venir nous chercher, je leur ai offert quelques bouteilles de jus de fruit  dans un bar qui faisait également épicerie. Excellente initiative, n'est-ce pas. Sauf que, au moment de régler, je me suis aperçu que mon porte-monnaie était resté dans le car. 
     J'ai donc quitté le bar avec mes élèves en promettant à la vieille dame de revenir régler mes dettes dès que le bus serait de retour.     
     Elle n'avait pas l'air rassurée mais m'a accueilli avec un grand sourire quand je suis descendu du car pour la payer.

     

vendredi 21 juin 2019

C'était hier

C'était hier. Souvenirs en vrac




Arrivée de la course cycliste à Tréminut (août 1986)


Défilé de kermesse Ecole Publique  mai 1989


Pose de la première pierre de la salle polyvalente (1988)


Pose de la première pierre de la salle polyvalente par le député Jean Giovanelli


Discours inauguration salle polyvalente. 1989



Procession du 15 août 1985


Noël du comité des fêtes . Salle Guillou. décembre 1981


C'est tout pour aujourd'hui!





lundi 17 juin 2019

Les grandes vacances

Les grandes vacances

     Quand nous étions au collège, l’année scolaire se terminait toujours prématurément.
     Nos parents venaient nous récupérer au temps des cerises, aux environs du 20 juin.
     Le ciel bleu, le soleil ardent, la brise qui courbe les blés et court dans les champs nous donnaient le sentiment d'une liberté infinie. Finis les alignements de lits et de lavabos du dortoir. Au diable les rangs d'oignons interminables avant d'entrer au réfectoire. Basta les quatre murs des salles de cours et d’études. Liberté.
     En fait, la liberté n’était que par le dépaysement, par le changement d’environnement.
     Très vite, la routine devenait pesante et effaçait le charme éphémère et illusoire des feuilles qui bruissent, du grillon qui chante, du ruisseau qui murmure, du foin qui sent bon, de la terre fraîchement labourée et mouillée par la pluie , des parcelles de lumière qui dansent sur le sol des sous-bois.


     Tout ce côté magique et relaxant s’évaporait au fil des jours, dévoré qu’il était par les contraintes liées aux travaux de la ferme et la fatigue harassante des crépuscules lorsqu’enfin l’angélus du soir nous autorisait à relever le dos.
     J’étais allergique à la poussière du foin, surtout quand l'herbe avait mis du temps à sécher à cause des averses. Je détestais aussi nettoyer les greniers dépourvus de lucarnes avant la récolte. La poussière qu’on y inhalait était si épaisse qu’on ne s’y voyait plus. Ça me faisait gonfler les yeux et m’irritait les bronches. Mais, il fallait le faire, allergique ou pas.



     Parfois, notre père récupérait les fanes de pois à l’écosseuse. Nous les étalions sur un pré pour les faire faner. Le fourrage obtenu était hissé, à bout de fourches, sur la meule de foin sous le hangar. J’avais pour mission de bien le répartir sur le tas. Et là, oui là mes amis, j’ingurgitais une poussière infecte. Mes yeux irrités et gonflés pleuraient des journées durant…  C’était ainsi.


     Les levers matinaux, la traite des vaches, les foins, les binages, les moissons, les cueillettes et toutes les corvées qui venaient combler les temps morts. Tout ceci faisait, qu’à la fin des vacances, nous n’avions qu’une hâte, celle de retrouver le collège avec ses potaches et le repos salutaire de son internat !
     Puis, l’année scolaire s’écoulait et nous attendions impatiemment la date des prochaines grandes vacances…
Masos ? Je pense que nos enfants et nos petits enfants ne peuvent pas comprendre l'enfance que nous, parents et grands parents, avons vécue.
     
     Rafraîchissant, n'est-ce pas ? 




   

vendredi 14 juin 2019

Les maths modernes

Les maths modernes



     Ils ont fait leur apparition à l’école primaire quand j'ai commencé à enseigner, après 1970.

     Les Instituteurs assistaient à des soirées de formation, à Pontivy en ce qui me concerne. Eh, oui, c'était aussi une découverte pour nous, enseignants.

     Il s’agissait d’apprendre aux élèves à raisonner autrement.

     Je ne vous raconte pas la galère ! Les ensembles, les sous-ensembles, les intersections d'ensembles. Il fallait dessiner des patates!

     Les bases de numération. Les élèves calculaient dans une base donnée. En base cinq, par exemple, les chiffres utilisés étaient 0, 1, 2, 3, 4. Ainsi le résultat de l’addition 3 + 2 est 11.

     À la maison, les parents se prenaient la tête quand ils aidaient leurs loupiots à rédiger les devoirs du soir !

     En classe, fleurissaient les blocs logiques rouges bleus ou jaunes ; petits ou grands ; pleins ou troués ; ronds, carrés ou triangulaires… Les élèves avaient des collections de grains de maïs.

     Un exercice intéressant consistait à établir une carte d’identité pour chaque bloc logique. 
     A l’aide d’une perforeuse et d’une poinçonneuse type PMU, on déterminait les caractéristiques de chaque figure (taille, couleur, forme, troué ou plein). Le trou indiquait que l'élément avait la caractéristique, qu'il était jaune par exemple... 
     En enfilant une aiguille à tricoter à travers le paquet de fiches, on procédait par éliminations successives pour retrouver l’élément recherché. Toutes les cartes avec une encoche étaient éliminées. Seule les cartes trouées étaient retenues par l'aiguille.  Finalement, il n'en restait qu'une: c'était la carte d'identité du bloc logique recherché. 
 C’était un petit pas vers l’informatique. J'appelais cet ensemble de fiches Bristol superposées avec la fameuse aiguille à tricoter, "mon ordinateur".
     Tout ceci pour revenir quelques années plus tard aux mathématiques traditionnelles ou conventionnelles.
     En 1985, Laurent Fabius mettait en place le plan informatique pour tous. Chaque école avait reçu un TO7. Ceci sera l'objet d'un prochain post.


Chaque ministre tient à marquer son passage. 

    

mercredi 12 juin 2019

Les paniers


Les paniers


     Les soirées d'hiver, après le dîner, se déroulaient devant la grande cheminée où crépitait  une belle flambée derrière laquelle une grosse bûche de chêne se consumait lentement.

     La cheminée était la seule source de chaleur. Elle chauffait toutes les pièces du penty.

      Certains regardaient danser les flammes, d'autres lisaient le Ouest-France, ma tante écoutait le vieux poste TSF une fois la vaisselle finie, mon grand père me défiait souvent aux dominos, ou aux cartes (trois-sept ou ru pé du).

     Mon père fabriquait inlassablement des paniers. Assis sur une chaise, Il triait les rameaux de châtaignier amassés à ses pieds, les écorçait, les fendait parfois avant de les tresser . Il jetait régulièrement les écorces et autres morceaux inutiles dans le feu qui pétaradait. Une bonne odeur embaumait toute la pièce.

     Ses paniers, destinés surtout à la récolte des pommes et des pommes de terre, étaient parfaits. Il tressait ses brins comme une araignée tisse sa toile.

     Il commençait par le fond, une structure étoilée autour de laquelle s’élevait une charpente verticale constituée de rameaux plus épais et plus rigides.

     Ils étaient parfaitement circulaires, tous réalisés sur le même moule et munis de deux poignées.

     Tous les hivers, il en fabriquait pour remplacer  ceux qui avaient déjà trop servi.

     Plus tard, le bois a été remplacé par du grillage. Ensuite, nous avons connu les caisses en plastique, type caisses à maïs. De nos jours, la vannerie est surtout décorative, les machines font le reste.

lundi 10 juin 2019

Les poules

Les poules


 Au poulailler, entre ma tante Maria et mon père


       En plus des tâches domestiques, ma tante élevait des poules. Elle achetait les poussins chez une voisine qui possédait un couvoir.      Les poussins séjournaient d'abord dans un vieux penty équipé de mangeoires, d'abreuvoirs et d'éleveuses pour les garder bien au chaud.
     Ma tante venait les nourrir matin et soir. Les 300 volatiles qui pépiaient à vous faire grésiller les tympans, se tais aient dans un silence absolu quand nous pénétrions dans leur poulailler.
     Une fois la croissance terminée, poulettes et coqs (je pense que les poussins étaient sexés à la naissance mais que quelques mâles passaient à travers les mailles du filet) étaient transférés dans un autre penty séparé du premier par une cour herbeuse parsemée de camomilles.
      Dans ce second poulailler les "éleveuses" étaient remplacées par des rangées de pondoirs. Ici c'était la production.
     Tous les soirs, ma tante venait collecter les œufs. Je ne saisissais pas sa façon de les compter. Elle disait tout en les plaçant dans des boîtes: " 9,8 - 9,9 - 9,10 - 9,11 - 10 - 10,1 - 10,2...". Ce n'est que plus tard que j'ai compris que le premier nombre indiquait les douzaines. Pour les nostalgiques des maths modernes, on peut dire qu'elle comptait en base douze…
     En hiver, la nuit tombe vite. Je me souviens qu'un soir j'ai accompagné ma tante aux poules alors qu'un violent orage se déchaînait, accompagné de pluie et de rafales de vent. J'avais très peur en voyant les éclairs zébrer l'obscurité et illuminer le toit de la bâtisse.
     Les poules affolées s'étaient toutes blotties dans un coin de leur abri. Les grondements violents du tonnerre claquaient et déchiraient la nuit juste derrière les éclairs. C'était affreux! Nous étions trempés jusqu'aux os.



     Dans la journée, poules et coqs batifolaient en plein air dans l'herbe. Lorsque nous entrions dans leur enclos, les coqs m'attaquaient. Ils n'étaient pas nombreux, heureusement. J'avais beau leur donner des coups de pieds, rien à faire, ils me bondissaient dessus, les ergots en avant. Ca me faisait très peur.

    






jeudi 6 juin 2019

"Faire le buzz". Suite de mon post

L'union sacrée. Un même son de cloches.


Extrait du journal "Le Monde"

     Roudouallec veut garder son "curé". Ou plutôt son "Recteur" comme on l'appelle dans ce petit bourg de la Bretagne profonde, aux confins du Morbihan. Car l'Abbé Le Mouel "Marcel" appartient au village breton tout comme l'instituteur, le Maire ou le facteur, un personnage qui fait partie du décor.
     Sitôt apprise la nouvelle de la mutation de "Marcel", à 63 ans et après 14 ans de bons et loyaux services, le Maire de Roudouallec, Yves Le Moal, a fait battre le rappel des amis du Recteur. Plus de 800 habitants sur les 856 officiellement recensés, ont signé la pétition lancée par le Conseil Municipal en faveur du prêtre.
     Un plébiscite qui n'étonne guère Yves Le Moal. Car le premier élu de la commune -socialiste, instituteur, laïc et républicain- a compris ses ouailles. A Roudouallec, le Recteur n'a qu'une sorte d'ennemis: quelques bigotes qui le jugent par trop "coulant".


Devant l'hibiscus dans le jardin du presbytère.

     Yves Le Moal et l'Abbé Le Mouel, installés à Roudouallec depuis presque 14 ans tous les deux, paraissent étonnés de l'écho que cette histoire a suscité ces derniers temps.
     C'est une réaction spontanée, née d'une vieille amitié et loin de toute connotation.
     Le Maire avoue qu'il n'aurait peut-être pas réagi de la même façon pour un autre homme que Marcel Le Mouel, dont il apprécie tout particulièrement la tolérance.

    Tout le monde savait que l'évêché ne reviendrait pas sur sa décision. L'abbé Marcel sera muté dans la paroisse voisine de Guiscriff. Cette levée de boucliers aura été pour lui le témoignage d'une très grande estime.
     Marcel est décédé en décembre 2011.
 
     Voilà, mes chers amis, comment l'histoire de Dom Camillo et Peppone (comparaison trop facile) a fait le tour de la planète…